La revue Psychologie Française accepte mon 2ème article sur l’actualité de Pierre Janet
Article mis en ligne le 18 novembre 2012
dernière modification le 1er mai 2014

par Isabelle Saillot
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Publiée sous l’égide de la Société Française de Psychologie (SFP), Psychologie Française est une revue généraliste de langue française
ouverte à tous les champs de la recherche en psychologie. Revue trimestrielle, publiant aussi bien des articles originaux que des numéros thématiques destinés à faire le point sur un domaine de recherche, Psychologie française se veut être un outil de référence et de formation destiné à faire connaître les avancées dans tous les domaines de la psychologie : psychologie générale, sociale, clinique, etc…

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Depuis 2010 j’ai entrepris de soumettre à cette revue des commentaires critiques d’articles qu’elle publie. Je sélectionne les articles pour leur intérêt vis-à-vis de la psychodynamique expérimentale, la défunte branche de psychologie dont Janet était spécialiste. Mon commentaire vise à ouvrir le débat aux propriétés dynamiques (force / fatigue) des phénomènes étudiés par les chercheurs, qui sont systématiquement négligées. Cette ouverture rend toute son importance à des concepts anciens dont la bibliographie est souvent oubliée, qui gardent un puissant potentiel d’innovation dans la recherche actuelle.

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Cet article sous presse est le deuxième que j’ai soumis à Psychologie Française, et le premier de la série « Grand Angle » que j’espère poursuivre longtemps. Le deuxième article de cette série est soumis et en cours de lecture par la revue, et le troisième est en passe d’être soumis incessamment… !

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Voici le résumé de mon premier « Grand Angle », à paraître dans Psychologie Française.
Comme mon précédent article de cette revue (portant sur l’apport de Janet en psychologie de la religion), cet article sera bientôt téléchargeable sur le portail de Psychologie Française au tarif de 2€.

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Grand angle : le lien connaissances-activité chez Soubelet (2010), un commentaire dans la perspective de la psychodynamique expérimentale

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En réévaluant le rapport du facteur « ouverture à l’expérience » et des habiletés cristallisées, les résultats expérimentaux présentés ici par A. Soubelet (2010) semblent écarterle lien entre les connaissances et le fait de s’engager « dans des activités diverses et variées ». Or, le lien entre les connaissances et les actions est l’objet d’une longue tradition de la recherche en psychologie : Piaget par exemple, y a consacré sa carrière en poursuivant les travaux que Pierre Janet centrait sur un « primat de l’action » (Prévost, 1973) innovant et sans équivalent à son époque.

Les critiques expérimentales qu’ont subies le modèle de Piaget ont largement amoindri ce lien elles aussi (Baillargeon, 1985 ; Lécuyer, 1989, 2006) et présentent donc beaucoup de similitudes avec les conclusions d’A. Soubelet. Mais tandis que la notion de « connaissances » est bien cernée par des modèles et des questionnaires, la notion « d’activité » ou d’action reste imprécise, et non mesurée : en particulier Janet et Piaget ne partageaient pas exactement la même. Chez Piaget, l’action (par les schèmes sensori-moteurs) est une manipulation effective des objets, tandis que chez Janet la perception elle-même est déjà une action avant toute manipulation, en l’occurrence une forme ébauchée de l’action « d’utiliser l’objet », qu’il appelle un « schème perceptif » (1889, 1931, 1935).

Par conséquent, les résultats d’A. Soubelet ou les critiques adressées à Piaget, en utilisant une définition de l’action différente de celle de Janet, n’invalident pas directement le modèle alternatif de sa sychodynamique expérimentale : le modèle de Janet, au contraire, bénéficie d’importants soutiens empiriques dans le domaine de la perception-action (Berthoz, 1997 ; Coello, 2006, 2007) et surtout de l’affordance (Gibson, 1977), dont l’étroite similitude au modèle de Janet n’a pas encore été relevée par les historiens.

Du fait du manque de précision dans la caractérisation du paramètre « activité », il semble possible de constater sa rémanence comme variable « cachée » dans les modèles de Piaget, de ses critiques, et des échelles Goldberg et IPIP, cette dernière utilisée ici par A. Soubelet, menaçant les argumentations d’imprécisions voire de circularité. L’examen du lien entre connaissances et activités serait certainement enrichi par une définition plus précise et une mesure de la notion « d’activité » ou d’action, domaine de prédilection de l’ancienne psychodynamique expérimentale portée à son faîte par Janet, qui de ce fait conserve tout son intérêt pour la recherche contemporaine.

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(copyright / Isamot-Paris)


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