MAI 2012 : sortie du livre sur le PSYCHOTRAUMATISME (Dunod) dont j’ai fait le premier chapitre
Article mis en ligne le 18 mars 2012
dernière modification le 27 juillet 2013

par Isabelle Saillot
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TROUBLES DISSOCIATIFS ET MÉMOIRE TRAUMATIQUE

Sous la direction de Marianne Kedia

Collection Psychothérapies, Dunod, 2012 - 264 pages - Prix public : 25 €

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Cet ouvrage est l’un des premiers en France à évoquer le diagnostic, les symptômes et le traitement de la dissociation traumatique tels qu’ils ont été formalisés sous leur version moderne par Pierre Janet, et réintégrés à la psychologie pathologique contemporaine à partir des années 1980 par le courant de la Dissociation Structurelle de la Personnalité (SDP) porté à l’origine par Van der Hart, Van der Kolk, Steele, Boon, Nijenhuis et d’autres.

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Il fait table rase de plusieurs malentendus bien français assimilant la dissociation à des "conflits", des irrésolutions, des doutes bien conscients du patient ("je ne parviens pas à perdre du poids, à arrêter l’alcool", "je veux le quitter mais je n’y arrive pas"....), ou à ses simples changements d’humeur (un jour enjoué, le lendemain renfermé…).

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Le premier chapitre que j’ai rédigé est un panorama historique des péripéties du terme de dissociation remettant la contribution de Janet à la place de pivot qu’elle occupe dans l’histoire : il y a un avant et un après Janet. J’évoque ensuite les nombreuses variantes qui s’en sont suivies, parfois des plus fertiles (par exemple la Double Contrainte de Bateson, que peu d’auteurs avaient rapprochés de Janet...), mais apportant toutes
leur lot de déformations du concept d’origine, lesquelles ont fini par aboutir au flou artistique entourant aujourd’hui ce petit mot de "dissociation", aux significations innombrables (donc sans plus aucune signification ?).

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Une situation qui permet à un nombre croissant de thérapeutes motivés mais pas toujours informés, de penser avoir affaire à des patients "dissociatifs" dès qu’ils expriment le moindre "conflit" intérieur, voire la moindre oscillation de caractère. Le renouveau - si attendu depuis Janet - du thème de la dissociation est donc hélas en partie soutenu, aujourd’hui, par l’ambigüité du terme lui-même, lequel, mal défini, démultiplie considérablement le nombre de patients "dissociatifs" aux yeux des thérapeutes les plus motivés, mais pas toujours les mieux formés.

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Aujourd’hui les outils de diagnostic, principalement fondés sur le "continuum dissociatif" de Hilgard faisant de la dissociation un "état de conscience modifié" ne sont pas adaptés à la dissociation de Janet et Van der Hart & al., dont la définition est si différente, qu’un patient réellement dissociatif voit son score dissociatif AUGMENTER quand le traitement par phase commence à le soulager ! Par ailleurs un diagnostic "armé" (avec tests) n’est généralement pas pratiqué de nos jours dans la communauté de la psychothérapie : paradoxalement, ces deux problèmes sont aujourd’hui plutôt un avantage : il faudrait prendre garde qu’avec la popularité croissante du terme de "dissociation", celle-ci ne connaisse le triste sort du trouble de "personnalité multiple", si attrayant pour les thérapeutes mal formés, qu’il a donné lieu dans les années 1990 à une véritable "épidémie" aux États-Unis, entraînant sa suppression pour et simple de la nosographie.

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La dissociation structurelle de la personnalité ne deviendra un diagnostic efficace que quand des outils adaptés se feront plus nombreux, et que le terme ayant enfin retrouvé sa définition simple et sans ambigüité ne donnera plus l’impression aux thérapeutes d’être submergés de patients dissociatifs parce qu’un jour leur patient semble jovial et le lendemain déprimé... Ce livre est une contribution pionnière, en France, pour faire évoluer la situation dans ce sens favorable.

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Un colloque rassemblant les auteurs du livre aura lieu en octobre à Paris. J’aurai l’honneur d’en fournir la première intervention, sur le thème de mon chapitre. Je donnerai les informations sur cette manifestation au fur et à mesure qu’elles me parviendront.

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I. Saillot - mars 2012.

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Présentation de l’éditeur

Les troubles dissociatifs sont une réponse aux traumas extrêmes subis pendant l’enfance et ancrés dans la mémoire. Ces troubles se manifestent par une altération de la conscience avec des pertes fonctionnelles (amnésie, troubles de l’identité, paralysie, pertes de sensations...) ou des intrusions (flashbacks, voix...). Souvent confondus avec d’autres pathologies, notamment les psychoses dissociatives, ils sont un concept fondamental en psychotraumatologie et posent de difficiles problèmes médicolégaux en criminologie. Ce livre, premier du genre en langue française, fait le point sur la recherche scientifique concernant les troubles dissociatifs, ses expressions cliniques et leur traitement.

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Sommaire

Petit historique de la dissociation (I.Saillot). Apport des neurosciences (D.Brown). Dissociation et troubles psychotraumatiques (M.Kedia) Outils diagnostics (J.Vanderlinden) Diagnostics des troubles dissociatifs atypiques (G.Lopez) Trouble de la personnalité, littéralité et transfert traumatique (G.Lopez) Traitement des troubles dissociatifs (J.Vanderlinden) Neuroimagerie de l’état de stress post-traumatique et des troubles dissociatifs (D. Brown)

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Biographie des auteurs

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Gérard Lopez - psychiatre, est président fondateur de l’Institut de Victimologie à Paris, il est expert près les tribunaux. Il a été l’initiateur des premiers diplômes universitaires de Victimologie et du premier diplôme de Psychotraumatologie en France. Il enseigne actuellement à l’Université Paris 5 au Laboratoire d’Ethique Médicale dans le Département de médecine légale (Pr Christian Hervé) et à l’Institut de criminologie de Paris. Il dirige le Comité européen de la Chaire Unitwin Unesco Abord de la violence, un défi transdisciplinaire.

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Marianne Kédia est psychologue et psychothérapeute au Centre du
Psychotrauma de l’Institut de Victimologie à Paris. Elle a soutenu une
thèse de doctorat sur les liens entre la personnalité et les symptômes
post-traumatiques. Elle enseigne la psychothérapie et la
psychotraumatologie dans différentes universités parisiennes. Son
approche mêle des principes de thérapie comportementale et cognitive
et de thérapie humaniste

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Johan Vanderlinden - psychologue et coordinateur de l’unité des troubles du comportement alimentaire du Universitair Psychiatrisch Centrum KULeuven Campus Kortenberg (Belgique)

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Isabelle Saillot, Dr. en psycho-anthropologie, est coordinatrice du Réseau Janet. Elle a présidé l’Institut P. Janet et sa revue Janetian Studies. Elle travaille avec l’Eur. Soc. for Trauma & Dissociation dont elle a été membre fondatrice et représentante France. Elle a contribué à « Psychosis, Trauma and Dissociation » (Moskowitz, Schafer, Dorahy) et à la traduction du « Soi Hanté » (Van der Hart, Steele, Nijenhuis). Membre dirigeante de la Soc. Française de Psychologie, elle publie et communique régulièrement sur l’actualité de Janet en psychologie.

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