Article mis en ligne le 28 septembre 2018
Rubrique : Bibliographie : études sur Janet

La psychologie clinique, il y a bien longtemps, désignait une spécialité de la recherche en psychologie fondée sur l’entretien clinique, c’est à dire sur le processus d’interrogation des sujets aux fins de rassembler le maximum d’informations sur leur biographie. Ces données servaient ensuite à définir (...)

Article mis en ligne le 25 septembre 2018
Rubrique : Livres

Quelques extraits du paragraphe « DISSOCIATION/ASSOCIATION EN FRANCE JUSQU’À RIBOT ». Section 100% histoire réalisée en compilant de nombreux articles et chapitres d’historiens... tous dûment cités !

DISSOCIATION/ASSOCIATION EN FRANCE JUSQU’À RIBOT

Dans la 2ème moitié du 19ème siècle, les (...)

Article mis en ligne le 22 septembre 2018
Rubrique : Bibliographie : études sur Janet

En 1911, Bleuler crée le concept d’autisme et en fait l’un des symptômes de la schizophrénie, une pathologie qu’il pense de nature dissociative. En 1927, Janet conteste la nature dissociative de la schizophrénie, et donc, de l’autisme. Pour lui (qui est l’auteur du concept sous sa forme moderne), la (...)

Article mis en ligne le 28 août 2018
Rubrique : Sur le web

Un bon article de O. Walusinski sur Janet : mini-bio et hystérie / dissociation.

Janet se présente lui-même dans la conférence qu’il donne le 11 mars 1892, devant Charcot à La Salpêtrière :

« vous savez que M. Charcot a démontré la nature morale, psychologique, des paralysies hystériques, qu’il a eu (...)

Article mis en ligne le 20 août 2018
Rubrique : Colloques et congrès

Le 59ème Congrès de la Société Française de Psychologie aura lieu à Reims les 5, 6 et 7 septembre 2018. Comme tous les ans, je co-organise deux symposiums avec Gilles Lecocq : Épistémologie de la psychologie et Histoire de la psychologie.

Chacun des deux sera l’occasion de rappeler l’actualité des travaux de Pierre Janet pour la recherche en psychologie contemporaine.

1/ ÉPISTÉMOLOGIE de la psychologie

Jeudi 6 / 15:30 / Salle 18-1001

— -UNE PRÉSENTATION DU SYMPOSIUM

C’est à la fin du 19ème siècle que la psychologie entreprend de s’émanciper de la philosophie ; la jeune « science » devient alors peu à peu une discipline expérimentale dont les lois sont de (...)

Article mis en ligne le 17 août 2018
Rubrique : Réseau Janet

LA MESURE DE LA VIE MENTALE & les Premiers Instruments Emblématiques de la Psychologie de Laboratoire, une exposition au Musée d’Histoire de la Médecine, 12 rue de l’École de Médecine - 75006 Paris.

L’esprit de cette exposition est de présenter au public quelques anciens instruments de la psychologie parmi les plus emblématiques et les plus curieux que l’Université Paris Descartes possède dans les riches collections de l’Institut de psychologie et du Musée d’histoire de la médecine.

Lire la (...)

Article mis en ligne le 7 juillet 2018
Rubrique : Revue Dogma

Un article 2018 de la revue Dogma en ligne

Les travaux de Pierre Janet sont en pleine phase de reconnaissance internationale aujourd’hui. Reconnu comme fondateur du domaine d’étude de la dissociation traumatique, la partie psychopathologique de son œuvre rencontre un puissant regain d’intérêt. C’est en effet Pierre Janet qui formule la première (...)

Article mis en ligne le 24 mai 2018
Rubrique : IETSP et AFPJ

Une vignette historique rédigée pour l’AFPJ

À partir des années 1840, de nouveaux cas de maltraitance commencent à être signalés aux États-Unis et en France : les cas de maltraitance aux enfants. En 1829 est inaugurée une revue qui contribuera significativement à faire connaître ces délits, et leurs conséquences médicales : les Annales d’hygiène (...)

Article mis en ligne le 19 mai 2018
Rubrique : Sur le web

Un exposé audio pédagogique, où J.-F. Marmion vous présente l’automatisme psychologique selon Janet, en 5 minutes !

Pierre Janet (1859-1947) étudie les hystériques sous hypnose, comme tout le monde, et en tire des conclusions comme personne, dans sa thèse de philosophie L’Automatisme psychologique (...)

Article mis en ligne le 19 mai 2018
dernière modification le 17 août 2018
Rubrique : Revues de recherche

Un éditorial du European journal of trauma and dissociation (2018) met Janet en pleine lumière !

“The city buried beneath ashes” : Pierre Janet unearthed

« La cité enfouie sous les cendres » : Pierre Janet enfin ramené à la lumière

Cliquez ici pour accéder au texte / Click here to read the full (...)

Article mis en ligne le 17 avril 2018
Rubrique : Revues de recherche

Un article fondateur, aux origines de la redécouverte de Janet à la fin des années 80, en France et (surtout) ailleurs en Europe.

Le traitement psychologique du stress post-traumatique de Pierre Janet

Onno VAN DER HART, Paul BROWN & Bessel A. VAN DER KOLK. Société Médico-Psychologique : Annales Médico-Psychologiques, 1989, 9, 976-980. Pierre Janet a été sans doute le premier psychologue à formuler une méthode (...)







La psychologie clinique, il y a bien longtemps, désignait une spécialité de la recherche en psychologie fondée sur l’entretien clinique, c’est à dire sur le processus d’interrogation des sujets aux fins de rassembler le maximum d’informations sur leur biographie. Ces données servaient ensuite à définir les grands axes de leur thérapie, dont les règles relevaient, elles, de la psychologie dynamique (dunamos : « force », en grec) : le diagnostic des forces et des faiblesses des sujets selon leurs tendances, leurs goûts, devait permettre de renforcer les unes et atténuer les autres. Dans les années 60, quelques années après la disparition de la psychologie dynamique de son sein, l’université autorisait la création des UFR de « psychologie clinique », dont hélas personne n’a perçu à l’époque que le nom avait été usurpé : la « psychologie clinique » universitaire désigne aujourd’hui, particulièrement en France et en Argentine, une branche de l’université où les chercheurs sont payés sur nos impôts, moins pour faire de la recherche et faire progresser les savoirs, que pour pratiquer leurs loisirs au sein de clubs de quartier (associations Loi 1901 de « psychothérapies » et autres psycho-loisirs). Certains s’arrangent tout de même pour publier un ou deux articles de recherche par an, en psychologie, psychiatrie, sociologie ou histoire. Ce faisant, ils omettent toute mention de ces hobbies qui les occupent pourtant l’essentiel de l’année dans leur laboratoire… de sorte de satisfaire in extremis aux contrôles du CNRS et de la fac tous les deux ans.

Au sens fondateur, celui qu’utilisait encore Pierre Janet, la psychologie clinique « académique » est donc rare en France. Toutefois quelques branches de la psychologie et de la psychiatrie ont progressé dans le domaine de l’entretien individuel, grâce à l’explosion du nombre de « tests » ou d’« échelles », la plupart adossées au Manuel Diagnostic international, le DSM. En l’absence de psychologie dynamique pour prendre le relai des traitements, ces échelles, hélas, ne servent généralement qu’à contribuer aux statistiques épidémiologiques, ou à orienter le patient vers un traitement médicamenteux ou un cabinet privé, les chercheurs en psychologie ayant largement déserté les interventions pratiques. C’est dans cette ambiance quelque peu morose qu’il convient de saluer une initiative originale : la formulation, en littérature, d’une authentique psychologie clinique entièrement reconstituée par l’imagination d’un écrivain célèbre, Michel Houellebecq. « Les Particules Élémentaires » se présente en effet comme le témoignage clinique de deux personnages affligés d’un degré avancé de psychasténie. Après la science-fiction ou la politique-fiction, place : la clinique-fiction est née.

La dépression est la catégorie nosographique actuelle la plus proche de l’ancienne psychasténie, forgée par Pierre Janet, et caractéristique pour lui de l’autisme (Asperger). Différentes échelles de dépression (« scales ») mesurent des paramètres variables d’un auteur à l’autre. Pour certains, la dépression est platement « ce que soulagent les psychotropes » (les anti-dépresseurs, les neuroleptiques et les anxiolytiques, dont la tragique non-spécificité est en passe d’être reconnue… ). Les différentes conceptions actuelles de la dépression ne considèrent généralement, au titre de symptômes, que des idées du sujet – dites « cognitions » pour faire sérieux – : idées de dépréciation de soi ou des autres, idées d’échec ou de persécution, d’impuissance, confiance en soi réduite à zéro, peurs et angoisses permanentes… La psychasténie, au contraire, était une pathologie de l’action et des actes : Janet l’avait définie comme une fatigue permanente, un épuisement chronique. Le sujet psychasténique, ou autiste (Asperger) est perpétuellement en butte à des difficultés à s’adapter à un monde qui ne lui convient pas spontanément, qu’il juge hostile en première instance ; il est contraint à chaque instant de survivre dans l’adversité, de tenter de compenser pour faire bonne figure ; de ce fait, il est rapidement fatigué, comme n’importe qui le serait après une telle épreuve. Sauf que pour le psychasténique ou l’autiste (Asperger), cette épreuve n’est pas temporaire mais continuelle. Il la vit chaque minute de la journée, chaque jour de l’année, tous les ans.

Or, pour Janet, c’est cet empêchement continuel de l’action qui génère les idées noires, les ruminations, ou les obsessions, non l’inverse ! Le sujet est en proie à des doutes et à des angoisses dans la proportion que ses actes sont entravés. Tandis que dans la conception actuelle, les approches anti-dépression visent à modifier les « cognitions » pour fluidifier les actes, le modèle de Janet visait à déclencher les actes pour transformer les cognitions. Pourtant, nous avons tous l’expérience que la fatigue à agir, en effet, altère en profondeur notre vision positive de la réalité. Aujourd’hui, la dépression est considérée une attaque accidentelle – pour ne pas dire aléatoire – dans la vie du sujet (« ça peut arriver à tout le monde » est le discours officiel). La psychasténie, ou l’autisme, était considérée par Janet comme un état souvent permanent depuis la jeunesse, de nature cyclique, dont les accès aigus étaient des crises. De ce point de vue, il eut été aberrant de ne traiter que les crises, et on se faisait fort de soutenir en permanence toute la personnalité du sujet, même entre les crises. Finalement, on résumerait assez bien la situation en disant que l’actuelle dépression ne fait que requalifier les crises aiguës de l’ancienne psychasténie.

Tandis que nos psychiatres et psychologues manquent de formation à ces subtilités encore enfouies dans l’histoire, Michel Houellebecq les mentionne toutes d’un seul coup, comme un génie tout droit sorti de sa lampe à remonter le temps. La science-fiction ne peut prétendre qu’à anticiper la future réalité par l’imagination, la clinique-fiction fait infiniment plus fort : elle redécouvre spontanément des vérités déjà fermement établies un siècle avant elle dans la recherche internationale, dont peu de spécialistes – ni probablement l’auteur lui-même –, n’a encore connaissance. Car en brossant une biographie cohérente de ses deux sujets psychasthéniques – ou autistes – depuis leur enfance, Houellebecq écarte d’emblée toute suspicion de moderne « dépression », ou crise temporaire pouvant arriver « à tout le monde » : il les intègre d’office au tableau classique, celui de Janet et de quelques-uns de ses contemporains, le seul à pouvoir considérer leur souffrance comme une affection de toute une vie.

Un extrait des Névroses de Janet - 1909

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